maison du peuple

 

 

Créée en 1885, la Coopérative Union, Progrès, Economie poursuit le but de fournir le pain au meilleur compte.
En 1896, elle achète le terrain pour construire une grande boulangerie moderne.
Louis Pépin*, administrateur, futur bourgmestre et futur parlementaire, suggère d’y adjoindre une salle des fêtes financée par une partie des bénéfices. Celle-ci est inaugurée en 1899.
L’année suivante, on décide l’édification d’un café, de bureaux, de salles de réunion dont la réalisation est confiée à l’architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain (aussi à l’origine des plans de l’obélisque du « Coq de Jemappes ») qui demande à Paul Cauchie de s'occuper de la façade.
La maison du peuple ainsi achevée est inaugurée le 2 août 1903.
En 1904, on inaugure l’épicerie ; en 1906, une mercerie et un aunage (drap à la coupe) ; en 1908, une caisse des pensions… et en 1913, le Grand Magasin du Peuple (vente de faïences, émaux, vêtements et coiffures pour hommes) qui remplace l’épicerie; aunage, mercerie ne répondant plus aux exigences du moment.
La prospérité de la coopérative s’accroissant sans cesse, on agrandit plusieurs fois la salle des fêtes, on ajoute une salle pour la fanfare, des chambres pour les tenanciers, un tir horizontal et des sanitaires ultra-modernes.
En 1916, pour suppléer aux difficultés d’approvisionnement en viande, une boucherie est ouverte ; elle sera fermée au lendemain de l’Armistice.
En 1917, la salle Florent Laurent, (directeur de la chorale de Pâturages), située à l’étage, hébergera même une infirmerie.
En 1922, se forme l’Union des Coopérateurs borains, résultant de la fusion des sociétés coopératives de Pâturages, Quaregnon et Hornu.
Quand la salle de fêtes fut ravagée par un incendie en 1930, on ne tarda pas à la reconstruire à l’identique d’abord, puis à l’équiper pour des projections cinématographiques.
Vu son importance, la coopérative joua pleinement son rôle social : elle abrita une société de gymnastique, une fanfare, une chorale, elle disposa d’un atelier de cordonnerie pour occuper les nombreux accidentés de la mine.

 

* Louis Pépin : Né à Angre en 1861, termina ses études à l’Université de Bruxelles. Professeur littéraire, il fut un brillant orateur. Arrivé à Pâturages en 1864, il fut nommé Administrateur délégué et président du Conseil d’Administration de la boulangerie coopérative « Union-Progrès-Economie », le 10 décembre 1895. Louis Pépin fut conseiller provincial, député (succédant à Alfred Defuisseaux en 1901). Il fut bourgmestre de Pâturages de 1896 à 1921.

 

 

 

Un peu d’architecture

 

sgraffite

 

Si l’étage présente une architecture plutôt classique, le rez-de-chaussée, lui, s’inspire plus de l’Art nouveau.

 


La façade s’orne de motifs décoratifs suivant la technique du sgraffite : le nom de la coopérative, deux médaillons aux effigies de César de Paepe et Alfred Defuisseaux et surtout "Le Triomphe du Travail", œuvre de Paul Cauchie*. 

 

La façade de la Maison du Peuple de Pâturages est classée comme monument au Patrimoine wallon depuis le 28 octobre 1982.

 

 

 

          

 

maison cauchies

 

 

 

* Paul Cauchie : architecte, peintre et décorateur belge né en1875 à Ath et décédé en1952 à Etterbeek(Bruxelles).

 

Il fut une des figures marquantes de l’Art Nouveau en Belgique. Son style architectural, contrairement à ceux deVictor Horta ou Paul Hankar qui utilisaient le fer forgé et la pierre pour suggérer des volutes végétales, se caractérise par une rigueur géométrique compensée par la richesse des décorations picturales.

 

 

 

Son œuvre architecturale est des plus réduites : trois maisons à Bruxelles, deux villas jumelles à la côte belge, ainsi qu'une villa a Eeklo.

 

Par contre, dans le domaine de la décoration de façade et en particulier de la technique du sgraffite remise à l’honneur par le mouvement Art Nouveau, il donne toute sa mesure et en est le plus talentueux et le plus prolifique artisan en Belgique.

Paul Cauchie fut un maître pionnier de la renaissance de la technique du sgraffite au XIXe siècle, fresque murale décorative façonnée par grattage dans une fine couche de mortier de couleur, dont la pratique remonte à l'Antiquité. Il en réalisa lui-même plusieurs centaines et enseigna sa technique.

 

On lui doit, notamment, la frise du Musée des Beaux-Arts de Gand ou, plus près de nous, les motifs élégants de la maison modern style avenue Malibran à Ixelles ainsi que « Le Triomphe du Travail », sgraffite intégré à la façade de la maison du peuple de Pâturages (Colfontaine).

 

Son œuvre la plus connue est la Maison Cauchie construite en 1905 pour servir d’habitation et d’atelier à Paul Cauchie. Aujourd’hui, la maison Cauchie, enfin sauvée, abrite une salle d’exposition et une reconstitution d’intérieur Art Nouveau.

 

Depuis quelques années, le centre culturel ne ménage aucun effort pour sauver "Le Triomphe du Travail".

 

 

 

La Maison du Peuple de Wasmes 

Elle était près de la Place Saint-Pierre. Elle fut fermée début du siècle passé. On y a bien vécu des grèves sociales depuis le début du siècle. Que de rendez-vous de classes laborieuses et des mineurs notamment, pour venir écouter les fameux meetings et discuter des grèves contre les patrons charbonniers.

Wasmes en cartes postales anciennes, André Auquier, Bibliothèque Européenne - Zaltbommel/Pays-Bas

 

 

La Maison du Peuple de Warquignies

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 https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/belgique-colfontaine/warquignies-maison-du-peuple-313406960.html