bois

Véritable poumon du Borinage, la forêt domaniale de Colfontaine s'étend sur  800 hectares et sur quatre communes, Boussu, Dour, Frameries et Colfontaine. Elle est entrecoupée par deux vallées étroites et pittoresques au fond desquelles coulent les ruisseaux d'Elwasmes (affluent de la Haine) et de Colfontaine. L'altitude y varie entre 65 et 145 mètres.
Historiquement, la forêt de Colfontaine constitue une relique de l'ancienne forêt charbonnière. En 1219, beaucoup plus étendu qu'aujourd'hui, le bois appartenait aux grands propriétaires terriens de l'époque, notamment à Gautier de Fontaine et au Chapitre de Sainte-Waudru. Plus tard, le Chapitre se désista au profit de l'évêque de Cambrai Colart de Fontaine. Vers 1570, le bois appelé Bois l'Evêque faisait partie de la seigneurie de Colfontaine et appartenait toujours à l'évêché de Cambrai. En 1828, le bois de Colfontaine (305 hectares) devenu entretemps propriété du gouvernement des Pays-Bas fut vendu à H.-J. Degorge, propriétaire du charbonnage d'Hornu. Enfin, c'est à l'initiative de Louis Pierard que l'Etat belge racheta successivement 525 hectares en 1908 et 235 hectares après la 1ère Guerre mondiale.
La forêt (hêtraie, chênaie ou aulnaie-frênaie en fonction du sol et des terrains) s'est progressivement réduite pour passer d'environ 1.500 ha au Moyen Âge à environ 800 ha aujourd'hui.
Fortement dégradée par la surexploitation du massif par les Allemands durant la Guerre 14-18, divers peuplements furent heureusement replantés pour lui donner sa configuration actuelle : essentiellement futaie et taillis sous futaie composés de nombreuses essences (Hêtre, Chêne, Charme, Erables, Merisier, Frêne, Mélèze, Châtaignier, etc.).
A noter les superbes tilleuls qui encadrent le pavillon de chasse et les différents "carrefours" de la forêt.
Toutes les plantes à fleurs susceptibles de proliférer en milieu boisé s'y trouvent... Au printemps, Narcisse, Anémone sylvie, Jacinthe, Violettes, Muscatelle (ou Moscatelle), Aïl des ours, etc., tapissent les sous-bois faisant place ensuite à la Circée de Paris, au Séneçon de Fuchs, etc. L'Azaret d'Europe, particulièrement rare, trouve sa place dans cette forêt...
La faune de la Forêt de Colfontaine est également remarquable.
Si vous ne risquez plus de rencontrer le Loup (pourtant présent il y a plusieurs siècles), vous aurez toutes les chances d'observer le Chevreuil, l'Ecureuil, le Lièvre, le Putois, le Hérisson, etc.
Les zones humides accueillent de nombreux batraciens comme la Salamandre, divers Tritons, Crapauds et Grenouilles.
Levez les yeux et ouvrez vos oreilles, vous apercevrez ou entendrez le Martin pêcheur, divers Pics, la Bécasse des bois, la Chouette hulotte, plusieurs rapaces diurnes (Epervier, Buse variable, Bondrée apivore, Epervier), de nombreux oiseaux chanteurs (Pinson, Sittelles torchepots, Fauvettes, Roitelets, Mésanges, etc.) et bien d'autres encore.
L'intérêt de la Forêt de Colfontaine est largement reconnu. Elle a été désignée pour faire partie du grand réseau écologique Natura 2000. Si elle demeure exploitable, toutes les mesures doivent néanmoins être prises pour sauvegarder les habitats naturels, la faune et flore qui la caractérisent.

Signalons encore qu'aux détours des sentiers les endroits pittoresques sont nombreux, les vallées des ruisseaux de Colfontaine et d'Elwasmes, les sources de la Fontaine du Rossignol, de la Fontaine du Cerisier et de la Fontaine aux Charmes notons aussi que l'on peut encore découvrir la « Belle Maison » de Fénelon la « Tour du Lait Buré », la « Cave du R'mite » et le pavillon de chasse...

 

Cave du R'mite (Cave de l'Ermite)

rmite

 https://www.flickr.com/photos/61052509@N05/sets/72157626980560666/

 

 A cet endroit existait un lac formé par un barrage construit par les Romains sur le ruisseau de Colfontaine. Ce lac alimentait en eau et en poissons de grandes villas construites à l'époque. La cave du R'mite, située en pleine forêt, 100 mètres au nord de la fontaine, est un des sous-sols de la villa dont les fondations ont été mises à jour quand on a brisé le barrage en 1920 (des monnaies datant des empereurs Valérien (252-260) et Gallien (260-268) ont été mises à jour lors de fouilles). Les matériaux de la cave du R'mite proviennent d'une carrière située à un kilomètre de là. Aucune preuve ne vient étayer le fait qu'un ermite ait séjourné dans cette cave; cependant, au XVIe siècle, des ermites prédicateurs ont sillonné la région.