Quoi de plus normal de trouver à l'entrée d'un charbonnage une chapelle dédiée à la Sainte patronne, protectrice des mineurs de fond notamment.

Sainte Barbe, fête : le 4 décembre.

Symboles : la tour percée de 3 fenêtres ainsi que l’épée qui lui ôta la vie et la palme du martyre.
Son souvenir ne nous est parvenu qu’à la suite d’une tradition légendaire qui remonte au VIIème siècle.
Celle-ci la faisait naître "dans une noble famille" de Nicomédie, au IIIème siècle de notre ère.

 Son père, Dioskoros, la boucla dans une tour afin de protéger sa beauté.
Elle fut cependant convertie au christianisme par un disciple d’Origène, célèbre docteur de la foi, et perça la muraille de sa chambre d’une 3ème fenêtre, symbole de son adhésion au dogme de la Sainte-Trinité. La colère de Dioskoros fut épouvantable et il livra sa fille au bourreau. Barbe fut fouettée jusqu’au sang, ses plaies furent arrosées de vinaigre et de sel. Ensuite, on lui promena sur le corps une torche ardente ce qui lui vaudra, beaucoup plus tard, de devenir la protectrice des pompiers.
Son père lui avait à peine tranché le col d’un coup d’épée qu’un éclair le pulvérisait !
Avant d’expirer, Barbe avait demandé au Seigneur la faveur de préserver de la mort subite tous ceux qui lui demanderaient d’intercéder pour eux. Firent donc appel à elle, tous ceux qui exerçaient un métier particulièrement dangereux : maçons, ardoisiers, plafonneurs, sans oublier les corporations qui utilisaient des explosifs. Chez nous, c’était la corporation des mineurs qui se sentait la plus concernée.
La Sainte était primitivement vénérée par les houilleurs du Borinage et du Pays de Charleroi et par la suite, des mineurs liégeois.

 

La Semaine "Tant Pire"

La fête de la Sainte-Barbe se préparait 6 à 7 jours à l'avance. Ce laps de temps portait le nom d'el semaine tant pire.
Les 4 et 5 décembre, on ne travaillait pas et il fallait donc compenser la perte de ces deux jours par un surcroît de production. Les mineurs travaillaient d'arrache-pied, les mesures de sécurité et la surveillance étaient quelque peu relâchées.
Il y avait un net accroissement des accidents, fort peu graves, et bien souvent, non déclarés.
La prime Sainte-Barbe était élevée ou non suivant l'importance de la production pendant cette semaine.
A partir du 3 décembre, on descendait la statue de Sainte-Barbe dans certaines fosses. Dans d'autres, on construisait à la surface une chapelle Sainte-Barbe, en bois de mine, avec des gaillettes et des grosses pierres. Elles étaient de véritables chefs-d'œuvre de naïveté et de dévotion, bien que la grande majorité des mineurs ne fréquentaient pas l'église.

 

La Bordée Sainte-Barbe

Le 4 décembre, c'était la fête : Dès le point du jour, le personnel de maîtrise au grand complet, délégué par tous les sièges de la Compagnie, du moindre au plus important, s'achemine vers les bureaux du siège social pour exprimer au Patron les vœux traditionnels. Le "grand bureau", pour une fois moins funèbre, retentit de l'écho des congratulations cordiales échangées depuis le haut jusqu'au bas de l'échelle.
Très solennellement, la fosse qui avait enlevé le plus de chariots remportait la compétition annuelle. Les mineurs de cette fosse étaient fleuris de roses en papier et recevaient une coupe.
Sans souci d'opinion politique ou philosophique, les mineurs se rendaient à l'église puis regagnaient le bureau central où le Patron offrait le porto.